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Fiche conseil:

Epilepsie

 

 

 

 

 

Rédigé par AS Delepoulle

(Dr en pharmacie).

Dernière mise à jour le : 18/04/2013

 
 
   
   
 

Qu'est-ce que l'épilepsie?

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Les crises d'épilepsie sont des manifestations paroxystiques accompagnées ou non d'une perte de connaissance. Elles peuvent se présenter sous forme de crises motrices, sensitives, sensorielles ou psychiques, et sont liées à des décharges électriques neuronales cérébrales sur un ensemble de neurones plus ou moins étendu accompagnées de phénomènes cliniques moteurs (convulsions) ou non (absences). Une crise d'épilepsie unique est un évènement isolé survenant au cours de circonstances exceptionnelles (convulsions fébriles chez le nourrisson, méningite, encéphalite, manque de sommeil, sevrage alcoolique...). Une seule crise de type épileptique ne suffit pas pour dire qu’une personne souffre d’épilepsie. Il n’est pas rare que ce type de crise survienne une seule fois chez une personne et ne se reproduise jamais. Dans ce cas, la personne ne souffre pas d’épilepsie. Seule la répétition des crises permet de définir une épilepsie.

L'épilepsie est une maladie chronique, définie par la répétition, chez un même sujet, de crises épileptiques spontanées. L’épilepsie est la plus répandue des pathologies chroniques du système nerveux central. L’épilepsie non contrôlée augmente d’un facteur 2 à 3 le risque de mortalité et elle constitue la première des causes non traumatiques de handicap sévère acquis chez le sujet jeune.

  • Entre 400 000 et 500 000 personnes souffrent d'épilepsie en France dont 60% sont atteints par la forme partielle de la maladie. Son incidence, surtout importante chez l’enfant et chez le vieillard, varie entre 17 et 136/100 000 habitants/an.

  • Les crises généralisées intéressent l'ensemble du cerveau, sans point de départ précis, contrairement aux crises partielles qui ne concernent, du moins initialement, que des groupes neuronaux précis, avec des signes cliniques corrélés à la zone cérébrale intéressée. une crise partielle peut se généraliser secondairement.
  • Le pic maximal d'apparition de l'épilepsie se situe dans l'enfance, car environ la moitié se manifeste avant l'âge de 10 ans. Un autre pic est identifié chez les sujets âgés à partir de 75 ans

 

L'incidence des épilepsies est maximale aux âges extrêmes de la vie

Le saviez-vous? 

 

Le mot épilepsie vient du grec « epilambanein » qui signifie: attaquer par surprise.

 

Étiologie des crises d'épilepsie Facteurs génétiques: représentent 40% des épilepsies et recouvrent les épilepsies associées à des anomalies chromosomiques, celles liées à une maladie neurologique héréditaire, et les épilepsies idiopathiques vraies (les plus fréquentes).

Facteurs acquis:

  • Dans la petite enfance, il s'agit d'accidents périnataux (AVC, encéphalopathies ischémiques et hypoxiques, traumatisme obstétrical, infections du système nerveux central. Dans l'enfance et l'adolescence, il s'agit le plus souvent d'encéphalopathies épileptogènes graves.
  • Chez l'adulte: épilepsies tumorales, alcooliques, post traumatiques, post vasculaires et celles rencontrées au cours des démences dégénératives.
  • Des facteurs toxiques, médicamenteux et métaboliques sont aussi responsables d'épilepsies.

Médicaments provoquant des crises convulsives 

Certains médicaments peuvent entrainer des crises, le plus souvent en cas de surdosage: Les vasoconstricteurs décongestionnants utilisés en cas de rhume
Le
tramadol (traitement de la douleur)
Le
burpopion utilisé dans le sevrage tabagique
les terpènes (substances aromatiques d’origine végétale, tels que le camphre, le menthol, l’eucalyptol).

Physiopathologie des crises d'épilepsie A l'état physiologique, chaque neurone possède une activité électrique correspondant à des modifications du potentiel de membrane, déterminé par des mouvements d'ions (calcium, sodium, chlorure, potassium...) à travers des canaux ioniques spécifiques. L'ouverture de ces canaux est modulée par l'action de neurotransmetteurs:
  • le GABA qui interagit sur les canaux chlorures et potassium
  • le glutamate , neurotransmetteur excitateur qui module les ions calcium et magnésium

Une désorganisation structurelle des canaux ioniques, par exemple sous l'influence de facteurs génétiques, une modification de la libération ou de la recapture des neuromédiateurs sont des facteurs impliqués à des degrés divers dans le risque de survenue d'une crise.  A chaque zone du cerveau est associée une fonction spécifique. Selon la zone affectée par la décharge, les manifestations de la crise diffèrent. Cependant, de nombreux mécanismes restent encore à découvrir.

Manifestations cliniques

Il existe de multiples formes de crise d'épilepsie en fonction de la topographie et du nombre de neurones participants à la décharge épileptique. Elles sont en général caractérisées par un tracé d'électroencéphalogramme (EEG) particulier, et parfois par des anomalies visibles lors d'une IRM.

  • Les absences: suspensions isolées de la conscience pendant 5 à 15 secondes. Autrefois appelée "petit mal". L'EEG est caractéristique pendant les crises, mais normal en dehors des crises. L'IRM est normale (et inutile).
  • Les myoclonies: Secousses musculaires brèves et violentes des membres, sans altération de la conscience, survenant à certaines périodes de la journée (matin le plus souvent). L'EEG est caractéristique et l'IRM normale.
  • les crises généralisées tonicocloniques: dans leur forme classique, elle se manifestent par un cri initial suivi d'une chute puis, successivement: phase tonique, phase myoclonique, phase post critique avec période de confusion, éventuellement morsure de langue ou perte d'urines (parfois de selles). La respiration bloquée depuis le début de la crise reprend de façon bruyante. La reprise de la conscience est progressive. Le patient ne se souvient pas de la crise. Les décharges épileptiques touchent en même temps les 2 hémisphères cérébraux. L'EEG entre les crises est variable selon les étiologies. L'IRM est anormale si l'épilepsie est symptomatologique d'une autre pathologie.
  • Les crises partielles complexes temporales: sensation épigastrique ascendante, rupture progressive du contact, des mouvements de mâchonnements et d'émiettement, une confusion post critique. L'EEG présente entre les crises un tracé caractéristique sur une des deux régions temporales. L'IRM est normale ou peut révéler une atrophie hippocampique.
 

Les convulsions fébriles chez l'enfant

Les crises convulsives provoquées par la fièvre chez certains enfants ne sont pas une forme d’épilepsie. Elles apparaissent habituellement entre l’âge de six mois et cinq ans en cas de forte fièvre chez des enfants prédisposés à ce type de convulsions.
En cas de convulsions chez un enfant fébrile, il est nécessaire de consulter un médecin. Essayez de faire baisser la fièvre avec un médicament à base de
paracétamol sous forme de suppositoire (plus rapidement efficace). En général, les convulsions fébriles disparaissent spontanément avec l’âge

 

L'état de mal épileptique C'est une urgence médicale. il correspond à la répétition de crises, quel que soit leur type, de manière très fréquente (chaque minute, chaque heure...).
  • Pour les crises avec troubles de la conscience, il y a persistance d'une altération de la conscience entre les crises et un coma risque de d'installer.
  • Pour les crises convulsives, il y a un état de mal lorsque la crise se prolonge plus d'une demi-heure.

Peut-on prévenir les crises d'épilepsies?

Prévenir l'apparition de l'épilepsie est impossible, mais il est possible de diminuer le nombre de crises, ou même de les faire disparaitre, grâce aux médicaments

Comment se fait le diagnostic?

© Tibor Varga | Dreamstime.com

Le diagnostic repose avant tout sur l'interrogatoire. Décrire précisément le déroulement des crises. Les antécédents personnels ou familiaux  peuvent orienter le diagnostic (convulsions fébriles dans l'enfance, traumatisme crânien, méningite, souffrance néonatale, existence de cas d'épilepsie dans la famille.

 

Un électroencéphalogramme (ECG) est systématiquement réalisé. Un scanner et surtout une IRM peuvent être proposés pour rechercher une lésion intracrânienne si elle est suspectée.

Évolution et pronostic de l'épilepsie

Les patients développant une épilepsie nouvellement diagnostiquée peuvent être divisés en quatre groupes assez rapidement identifiables.
Les épilepsies spontanément bénignes elles entrent toujours, avec ou sans traitement en rémission spontanée et sont d'un excellent pronostic. Les épilepsies partielles de l'enfant entrent souvent dans cette catégorie et guérissent spontanément à l'adolescence.
Les épilepsies pharmaco sensibles elles sont également de bon pronostic. La rémission, une fois obtenue sous traitement, est permanente et autorise après un certain laps de temps l'arrêt définitif des médicaments
Les épilepsies pharmaco dépendantes elles sont de pronostic plus réservé car la maladie ne guérit pas spontanément. Les divers ajustements thérapeutiques vont finalement contrôler les crises mais ne hâtent pas la rémission spontanée, qui est aléatoire. Les médicament doivent être pris pendant plusieurs décennies, et souvent à vie.
Les épilepsies pharmaco résistantes elles concernent environ 20% des patients. L'épilepsie est sévère en raison de sa chronicité et de sa résistance au traitement. Le pronostic est habituellement défavorable en raison des difficultés d'insertion sociale, professionnelle et affective, parfois aggravées par des troubles de la personnalité ou par une détérioration intellectuelle.
 
 

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Que faire en cas de crise d'épilepsie?

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La plupart du temps, les crises surviennent de façon inattendue, sont de courte durée et s'arrêtent spontanément. Il est impossible de stopper une crise d'épilepsie généralisée. La crise est souvent impressionnante mais, dans la majorité des cas, elle s'arrête spontanément en moins de 5mn.

Position latérale de sécurité

  • Libérer l'espace autour de la personne, écarter tout objet risquant de la blesser.
  • Essayer d'allonger la personne en PLS (position latérale de sécurité).
  • Ne pas empêcher les mouvements mais protéger la tête afin d'éviter toute blessure (coussin, retirer ses lunettes)
  • Ne rien mettre dans la bouche, s'assurer que la personne respire sans difficulté: dénouer sa cravate ou desserrer son col, selon le cas. L’idée selon laquelle la personne peut avaler sa langue et s’étouffer est fausse, ne mettez pas vos doigts dans sa bouche, car il y a un risque certain de morsure
  • Une fois la crise terminée, placer un coussin ou un vêtement replié sous sa tête et tourner doucement la personne sur le côté (pour dégager les voies respiratoires et favoriser l'écoulement de la salive). S’assurer qu’elle respire facilement.
  • Laisser la personne se reposer. Ne pas lui donner à boire tant que la personne n'a pas complètement récupéré.
  • Rester aux côtés de la personne jusqu'à ce qu'elle ait récupéré tous ses esprits: un état confus et désorienté peut persister plusieurs minutes après la crise.

Appeler un médecin
si la crise dure longtemps (plus de 5 minutes), si plusieurs crises se succèdent ou s'il s'agit d'une première crise
 
 

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Conseils si vous êtes épileptique

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Sauf dans les cas graves d'épilepsie, le respect de quelques règles de base, ainsi qu'un traitement équilibré et suivi scrupuleusement, suffisent pour mener une vie normale.

Le saviez-vous?

La conduite automobile avec un véhicule personnel est possible sous certaines conditions après avis médical.
Facteurs susceptibles de diminuer le nombre des crises

Pour diminuer la fréquence des crises d’épilepsie, respectez ces quelques règles d’hygiène de vie :

  • Pratiquez une activité sportive régulière modérée, pas de sports à risque (alpinisme, plongée, sports aériens...) ou violents (risque hémorragique lors de traumatismes)
  • Avoir un rythme de vie avec des horaires réguliers surtout pour le sommeil. Dormez suffisamment
  • Éviter l'alcool et les médicaments qui en contiennent (majoration des effets des barbituriques et facteur négatif sur le déclenchement des crises), ainsi que la consommation de drogues.
  • Éliminer les stimulants : tabac, café, thé, boissons contenant de la caféine (cola, boissons énergisantes), chocolat qui excitent le système nerveux.
  • Éviter les variations de température
  • Éviter dans la mesure du possible le bruit, la musique à fort volume et le stress, ainsi que pour certaines personnes des facteurs émotionnels (excitation, joie, peur, deuil...)
  • En cas d'épilepsie photosensible; se méfier des lumières clignotantes, des écrans de télévision et des jeux vidéo; imposer une distance minimale de 1 à 2 mètres, diminuer le contraste, environnement immédiat éclairé, pauses régulières. Le travail sur ordinateur présente moins de risque.
  • Prendre régulièrement son traitement antiépileptique et sans oubli. Consultez aussi notre rubrique: conseils sur les antiépileptiques
Psychothérapie

L'épilepsie peut avoir des répercussions psychologiques importantes. Chez les plus jeunes notamment, une prise en charge psychologique est nécessaire pour l'enfant et son entourage. il faut favoriser l'intégration scolaire et éviter toute surprotection.

Examens biologiques

Respecter le calendrier des examens biologiques prescrits

Conseils spécifiques aux enfants épileptiques Le risque d'accidents chez l'enfant est plus grand en raison du risque de chutes. Aménager l'environnement de l'enfant (meubles, sans arrêtes, literie basse, moquette épaisse, éloigner les liquides chauds pour éviter tout risque de brulure). Préférer les douches aux bains, même en eau peu profonde
Choisir une contraception adaptée

Les contraceptifs oraux (pilule) ont leur activité diminuée par l'effet inducteur enzymatique de certains antiépileptiques (surtout le phénobarbital).

Choisir de préférence une contraception mécanique ou un dispositif intra-utérin.

 
 

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Voir aussi, liens utiles

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© Vladyslav Starozhylov | Dreamstime.com Pour en savoir plus sur l'épilepsie et le milieu professionnel, consulter le site de l’association Épilepsie France.

Eurekasanté: Epilepsie

 
 

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Comment traiter l'épilepsie ? 

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Le traitement antiépileptique doit privilégier l'efficacité (suppression des crises), mais aussi la tolérance pour garantir une excellente observance. Sa mise en route impose un diagnostic de certitude.
  • Depuis les années 1980 les cliniciens privilégient la monothérapie de première intention. Les associations sont réservées aux pharmaco résistances. Le traitement est initié à une dose faible, qui est progressivement augmentée tant que l'efficacité optimale n'est pas obtenue jusqu'à ce que le patient ressente les premiers effets indésirables dose-dépendants.
  • Une grossesse chez une épileptique doit faire l'objet d'un suivi médical rigoureux et doit être programmée si possible.
  • En cas d'insuffisance rénale et/ou hépatique, une adaptation de posologie est nécessaire
  • Les antiépileptiques ont de nombreux effets secondaires et de nombreuses interactions médicamenteuses, impliquant une surveillance clinique et biologique.
  • Un traitement antiépileptique ne doit jamais être interrompu brutalement.

Épilepsies généralisées

Traitement de première intention: Valproate; Lamotrigine en alternative.

Traitement des formes partielles

Carbamazépine, oxarbazépine, gabapentine, Lamotrigine ou Valproate

En cas de persistance des crises

après 2 ans de traitement par au moins 2 monothérapies différentes puis au moins une bithérapie signe une pharmaco résistance. Le recours à une trithérapie a peu de chance de se révéler efficace. l'exérèse chirurgicale des zones affectées par les décharges électriques représente dans ce cas, l'unique traitement potentiel.

Antiépileptiques (anticonvulsivants) anciens

Carbamazépine(Tégrétol®, Tégrétol LP®) La carbamazépine a une structure proche des antidépresseurs tricycliques, elle a une action inhibitrice sur les canaux sodiques.
Indication
: traitement de référence des crise partielles et tonicocloniques. Sa marge thérapeutique est étroite et impose une surveillance des taux de carbamazépine et de son métabolite toxique l'épicarbamazépine (taux thérapeutiques 4-12mg/l; taux toxiques>12-15mg/l). Prendre pendant ou après les repas. Ne pas croquer ni écraser les comprimés.

Interactions médicamenteuses: Puissant inducteur enzymatique, la carbamazépine donne lieu à d'importantes interactions médicamenteuses, en particulier les oestroprogestatifs dont il diminue leur effet, déséquilibre l'INR des patients sous AVK. Fluoxétine peuvent augmenter les taux sanguins de la carbamazépine

Effets indésirables: troubles hématologiques (leucopénie >10%, thrombocytopénies et hyper éosinophilies de 1 à 10%). Ils sont dose dépendant et apparaissent dans le cadre de traitements prolongés. Troubles neurologiques, digestifs cutanés, hépatiques. Prise de poids. Hyponatrémie

Contre indication absolue: Bloc auriculo-ventriculaire, antécédents d'hypoplasie médullaire, de porphyrie aigue intermittente

Phénytoïne (Dihydan®, Dilantin®) et Fosphénytoïne (Prodilantrin®) La fosphénytoïne est une prodrogue injectable (IV ou IM) de la phénytoïne, réservée à usage hospitalier, utilisée dans le traitement du mal épileptique tonicoclonique (grand mal).
Indication
: traitement en monothérapie ou en association dans les formes généralisées comme dans les formes partielles, la phénytoïne est une hydantoïne proche des barbituriques. Son index thérapeutique est toutefois très étroit (taux thérapeutiques 5-15µg/ml, doses toxiques 15-20µg/ml)., possède une cinétique non linéaire et une toxicité importante. Les comprimés peuvent être écrasés.

Elle expose à de nombreuses interactions

Effets indésirables: Hypertrophie gingivale (20% des patients traités), une pigmentation brune du visage et du cou. Rares complications hématologiques pouvant être fatales. Le traitement doit toujours être instauré très progressivement et impose un respect strict de l'hygiène buccale... Troubles digestifs, psychiatriques, visuels, hématologiques, pigmentation brune du visage et du cou

Phénobarbital (Alepsal®, Aparoxal®, Gardénal®, Kaneuron®) Administrer en prise unique au coucher, même en présence de caféine pour l'Alepsal®. L'efficacité du traitement n'est constatable qu'après deux semaines après son instauration

Effets indésirables: La sédation observée en début de traitement disparait avec le temps. Possibles apparition d'un syndrome de dépendance. Risque d'effets cutanés graves (syndrome de Lyell) rares. Troubles hépatiques, rhumatisme gardénalique, anémie mégaloblastique.

Interactions médicamenteuses: Puissant inducteur enzymatique, le phénobarbital donne lieu à d'importantes interactions médicamenteuses, en particulier les oestroprogestatifs dont il diminue leur effet.

Contre indication absolue: porphyries, insuffisance respiratoire sévère.

Administré fréquemment dans le traitement des crises généralisées ou partielles, seul ou associé, ce barbiturique peut toutefois aggraver les absences et les crises myocloniques.
L'ANSM recommande de ne pas initier de nouveaux traitements avec le phénobarbital.
Primidone (Mysoline®) La Primidone est une prodrogue. Elle est métabolisée (environ 15%) en Phénobartbital.
Elle est indiquée même chez le nourrisson, dans toutes les formes d'épilepsie, aussi bien en monothérapie qu'en association. Elle n'est pas efficace dans les absences, les crises myocloniques qui peuvent même être aggravées par son administration.
Tout comme le phénobarbital, la Primidone expose à de nombreuses interactions médicamenteuses.

Effets indésirables: troubles cutanés, neuropsychiatriques, anémie mégaloblastique, Ostéomalacie. En cas de traitement prolongé, possible apparition d'un syndrome de dépendance.

Valproate de sodium (Dépakine®, Dépakine chrono®, Micropakine®)  Augmente les taux de GABA Indication: traitement des épilepsies généralisées, en privilégiant les formes avec myoclonies et aussi, si un effet rapide est nécessaire, épilepsies partielles, épilepsies indéterminées. Le Valproate de sodium a un spectre anticonvulsivant large. A prendre au cours d'un repas.

Interactions médicamenteuses: Contrairement aux autres antiépileptiques, le Valproate est un inhibiteur enzymatique. Il tend à augmenter les taux de médicaments associés et notamment d'autres anticonvulsivants.

Effets indésirables: troubles hématologiques ( thrombocytopénies  dose dépendantes). Troubles cutanés, hépatiques, du cycle menstruel, pancréatites aiguës, céphalées, prise de poids. Sa toxicité hépatique impose un suivi strict des patients à risque. La fenêtre thérapeutique varie selon les individus entre 40 et 100mg/l (taux toxique > 130-150mg/l)

Contre indication absolue: hépatite aigue ou chronique, antécédents d'hépatite sévère, notamment médicamenteuse, porphyrie hépatique.

Concernant Micropakine®: Micropakine doit être prise au cours d'un repas, en saupoudrant les granules sur un aliment mou ou une boisson froide ou à température ambiante (yaourt, jus d'orange, compote...). Si les granulés restent collés sur le verre, rincer le verre et en boire le contenu. La matrice inerte des des granulés n'est pas absorbée par le tube digestif; elle est éliminée dans les selles, il est donc normal d'y retrouver des points blancs.

Valpromide (Dépamide®) Cette prodrogue de l'acide valproïque possède essentiellement des propriétés thymorégulatrices et n'est indiquée, en neurologie que comme adjuvant au traitement des épilepsies comportant des manifestations psychiatriques.
Ethosuccimide (Zarontin®) Indication: indiqué en monothérapie ou en association à partir de l'âge de 3 ans, dans l'épilepsie généralisée pour traiter les crises à type d'absences. Prendre au cours d'un repas. Prise quotidienne unique possible une fois le traitement équilibré.

C'est un faible inducteur enzymatique

Effets indésirables: Troubles cutanés, neuropsychiatriques, digestifs transitoires, hématologiques

Contre indication: Millepertuis

Benzodiazépines (Clonazepam: Rivotril®,  Clobazam:Urbanyl®, Diazepam: Valium®) Elles potentialisent les effets du GABA

Indication: traitement des épilepsies généralisées et des épilepsies partielles. Durée maximale de prescription 12 semaines. Les comprimés ne sont pas adaptés à l'enfant de moins de 6 ans (prendre les formes buvables)

Effets indésirables: dépendance physique et psychique avec syndrome de sevrage à l'arrêt du traitement. Troubles cutanés, neuropsychiatriques, modification de la libido, hypotonie musculaire, asthénie, diplopie.

Contre indication absolue: insuffisance respiratoire, apnées du sommeil, insuffisance hépatique sévère.

Toutes les molécules de cette famille sont potentiellement anti convulsivantes, mais seules certaines bénéficient d'une AMM dans l'épilepsie

Antiépileptiques (anticonvulsivants) de nouvelle génération

Ces antiépileptiques sont globalement mieux tolérés et exposent moins à des risques d'interactions médicamenteuses.

La lamotrigine, la gabapentine et l'oxcarbazépine peuvent être prescrits en monothérapie de première intention.

Les autres molécules (lévitracétam, tiagabine, prégabaline et le zonisamide constituent une thérapeutique additive dans les épilepsies partielles. Cependant, il n'est pas rare d'abandonner progressivement la molécule plus antérieurement prescrite pour revenir à une monothérapie impliquant une molécule récente.

Felbamate (Taloxa®) Anticonvulsivant de spectre large bloquant les canaux sodiques, calciques et antagonisant les récepteurs NMDA et AMPA Indication: traitement de complément de l'adulte ou de l'enfant de plus de 4 ans souffrant de crises partielles ou généralisées associées au syndrome de Lennox-Gastaux (syndrome épileptique de l'enfant associant crises d'épilepsie polymorphes, anomalies à l'EEG et un important ralentissement du développement psychomoteur). Sa prescription est réservée aux spécialistes en neurologie et/ou en pédiatrie

Effets indésirables: troubles digestifs, anorexie, insomnies, idiosyncrasie (anémie aplasique et hépatotoxicité fulminante) imposant une surveillance tous les 15 jours par une prise de sang avec hémogramme et exploration de la fonction hépatique.

Interactions médicamenteuses: le Felbamate est un puissant inhibiteur enzymatique augmentant les taux plasmatiques de la phénytoïne, de la carbamazépine et du valproate. Il subit lui même des actions métaboliques des autres anticonvulsivants...

Contre indication absolue: antécédents de troubles hématologiques ou hépatiques.

Fosphénytoïne (Prodilantin®) Ester de la phénytoïne, pro drogue permettant de traiter par voie intraveineuse les états de mal épileptique.
Gabapentine (Neurontin®) Structure proche de l'acide gamma-aminobutyrique (GABA), mécanisme d'action encore inconnu. Cette molécule bénéficie d'avantages évidents en terme de marge de sécurité mais son activité, dose-dépendante, demeure relativement modeste. Indication: traitement de complément ou en monothérapie dans les crises partielles avec ou sans généralisation secondaire, chez les adultes et les enfants de plus de 12 ans; et en association chez les enfants de plus de 3 ans. Elle n'est pas indiquée dans les épilepsies généralisées idiopathiques car elle peut aggraver les absences. Ne pas écraser les comprimés. Ne pas ouvrir les gélules.

Effets indésirables: somnolence, sensations vertigineuses, asthénie cédant généralement dans les premières semaines du traitement. Prise de poids possible. Troubles digestifs, neuropsychiatriques, visuels, cutanés, hypertension artérielle, dyspnée, douleurs musculosquelettiques, leucopénie, infections.

Interactions médicamenteuses: la Gabapentine ne modifie pas les taux sériques des autres anticonvulsivants ni ceux des contraceptifs oraux.

Lamotrigine (Lamictal®) Ce médicament initialement développé pour ses propriétés antifoliniques s'est révélé être un anticonvulsivant de spectre large bloquant  les canaux calciques. Indication: traitement en monothérapie ou en association dans les épilepsies généralisées ou partielles, chez l'adulte comme chez l'enfant de plus de 12 ans.. Elle est aussi prescrite hors AMM en psychiatrie, dans la prophylaxie des troubles bipolaires. C'est l'antiépileptique de choix pendant la grossesse, chez le sujet âgé et en cas de prise de poids importante. La posologie initiale doit toujours être≤50mg pour limiter au maximum le risque d'éruption cutanée. Les comprimés peuvent être dissous dans l'eau

Effets indésirables: cutanés; rash susceptibles d'évoluer vers un syndrome de Stevens Johnson ou un syndrome de Lyell (risque relatif plus rare qu'avec le phénobarbital, phénytoïne ou carbamazépine). Ce phénomène impose d'augmenter les doses progressivement par paliers successifs de 8 à 12 semaines (Lamicstart®) . Ce risque est augmenté chez l'enfant et/ou en cas d'association au Valproate de sodium. Troubles visuels, neuropsychiatriques, nausées.

Interactions médicamenteuses: la Lamotrigine subit une glycurono-conjugaison hépatique mais n'est ni inhibitrice, ni inductrice enzymatique hépatique. Elle ne modifie pas les taux sériques des autres anticonvulsivants ni ceux des contraceptifs oraux. Par contre les contraceptifs oraux diminuent l'efficacité de la lamotrigine. L'instauration d'une contraception doit être évitée pendant la période d'ajustement des doses de lamotrigine.

Contre indication absolue: enfant de moins de 2 ans, allaitement.

Lévétiracétam (Keppra®) Le mécanisme d'action de cet antiépileptique reste encore inconnu. Cette molécule bénéficie de l'index thérapeutique (marge entre le seuil actif et le seuil toxique) le plus élevé de tous les antiépileptiques Indication: traitement indiqué en association chez l'adulte et l'enfant de plus de 12 ans, dans le traitement des épilepsies partielles, y compris secondairement généralisées.

Effets indésirables: somnolence, asthénie, céphalées s'observant surtout dans les 4 premières semaines de traitement, sans être dose dépendant. Troubles du comportement jusqu'à 10%. Troubles cutanés, digestifs, prise de poids, myalgies, toux.

Interactions médicamenteuses: Aucune interaction significative connue.

Oxcarbazépine (Trileptal®)
Tout comme la carbamazépine, l'oxcarbazépine est un inhibiteur des canaux sodiques.
Indication: Cet analogue de la carbamazépine est indiqué dans les crises d'épilepsie partielles avec ou sans généralisation secondaire, en monothérapie ou en association à partir de 6 ans. Il a une efficacité égale à la carbamazépine, avec une meilleure tolérance (moins d'effets secondaires). Le comprimé peut être coupé en deux pour en faciliter la prise mais attention la barre de cassure ne permet pas de diviser le comprimé en deux demi-doses égales

Effets indésirables: ces effets sont dose dépendants; sensations vertigineuses, diplopie, somnolence, nausées et ataxie surtout si la posologie dépasse 2400mg/j. Réactions cutanées. Risque d'hyponatrémie chez les patients âgés imposant un contrôle de la natrémie tous les 15 jours puis tous les mois pendant le premier trimestre de traitement. Troubles digestifs, cutanés.

Interactions médicamenteuses: Aucune interaction significative connue.

Prégabaline (Lyrica®) La prégabaline a une structure proche duGABA, mais elle n'en partage pas son action pharmacologique. Elle réduit l'excitabilité neuronale en inhibant partiellement l'influx d'ions Calcium, réduisant ainsi la libération de différents neurotransmetteurs: glutamate, noradrénaline et substance P.
Indication:
Lyrica® est indiqué en association pour le traitement des crises épileptiques  partielles avec ou sans généralisation secondaire à la dose de 300mg/jour. A la dose de 600mg/j on observe une fréquence plus élevée des effets indésirables.

effets indésirables: étourdissements, vertiges et somnolence. Troubles visuels, digestifs, troubles de l'érection, dyspnée, sècheresse nasale, prise de poids.

Stiripentol (Diacomit®) Médicament réservé au nourrisson et à l'enfant en association au Valproate et au clobazam. Prescription initiale hospitalière semestrielle par un spécialiste en neurologie ou en pédiatrie. Renouvellement non restreint. Administrer au cours d'un repas, ne pas ouvrir les gélules. 50mg/kg/j

Effets indésirables: Troubles digestifs, neuropsychiatriques, neutropénie, prise de poids.

Tiagabine (Gabitril®) Cette molécule bloque la recapture neuronale de l'acide gamma-aminobutyrique (GABA)
Indication:
Tiagabine est indiquée en association, chez l'adulte et l'enfant de plus de 12 ans, dans le traitement des épilepsies partielles, y compris secondairement généralisées. Prendre au cours d'un repas

Effets indésirables: sensations vertigineuses, tremblements, difficultés de concentration. Ils sont dose dépendant et sont minorés en cas d'administration en fin de repas et en fractionnant les prises dans la journée. Risque de troubles du comportement (anxiété généralisée, dépression). Diarrhées, troubles de la coagulation: ecchymoses.

Interactions médicamenteuses: L'association à des antiépileptiques inducteurs enzymatiques (phénobarbital, phénytoïne, carbamazépine) réduit sa demi-vie et peut imposer d'en augmenter les doses.

Contre indication absolue: Insuffisance hépatique sévère

Topiramate (Epitomax®) Anticonvulsivant à large spectre, inhibiteur des canaux sodiques et calciques, stimulant l'activité GABAergique et bloquant les récepteurs du glutamate. Indication: En monothérapie ou en association, il bénéficie d'une activité puissante dans les crises généralisées, partielles et secondairement généralisées chez l'adulte et l'enfant à partir de 2 ans. Les gélules peuvent être ouvertes  et leur contenu peut être mélangé à de la nourriture pour en faciliter la prise , mais le mélange doit être avalé sans croquer ni mâcher. La forme comprimé n'est pas adaptée à l'enfant de moins de 6 ans; ils doivent être avalés entiers.

Effets indésirables: Ataxie, difficulté de concentration, confusion mentale, vertiges, asthénie. Ils sont majorés surtout si l'augmentation de posologie est trop rapide ou si la posologie dépasse 600mg/jour. Risque de lithiase rénale (par inhibition de l'anhydrase carbonique), amaigrissement modéré et glaucome à angle fermé.

Interactions médicamenteuses: Aucune interaction significative connue.

Contre indication absolue: hypersensibilité aux sulfamides.

Vigabatrine (Sabril®) Inhibiteur irréversible de la GABA-transaminase responsable de la dégradation du GABA, bénéficiant d'une durée d'action prolongée. Prescription initiale réservée aux neurologues, pédiatres, neuropsychiatres Indication: En association à un autre antiépileptique dans les formes rebelles avec ou sans généralisation secondaire, en deuxième ligne de prescription ainsi que dans le traitement des spasmes infantiles (syndrome de West), mais alors en monothérapie.

Effets indésirables: Exceptionnels cas de psychose chez les sujets prédisposés. Rétrécissement du champ visuel (30 à 50% des patients traités) imposant un arrêt progressif du traitement et une surveillance ophtalmologique (campimétrie tous les 6 mois). Troubles digestifs.

Contre indiqué dans les épilepsies idiopathiques comportant des absences typiques ou des myoclonies qu'elle semble parfois aggraver.

Zonisamide (Zonégran®) Anticonvulsivant bloquant les canaux calciques et sodiques voltage-dépendants et ouvrant les canaux chlore (action agoniste GABAergique). C'est un antiépileptique de large spectre. 

Indication: En association dans le traitement de l'épilepsie partielle de l'adulte avec ou sans généralisation secondaire. Administration non recommandée chez les patients de moins de 18 ans.

Effets indésirables: troubles digestifs, cutanés, neuropsychiatriques, diplopie

Lacosamide (Vimpat®) Anticonvulsivant Son mécanisme d’action semble reposer sur une modulation de l’activité des canaux sodiques au sein du système nerveux central

Indication: Réservé aux patients de plus de 16 ans dans les crises partielles avec ou sans généralisation secondaire. Ce médicament doit être prescrit en association à un autre antiépileptique (la carbamazépine doit être utilisée au moins une fois)

Précautions d'emploi: Le traitement est instauré à doses progressives en débutant par 50mg 2/jour la première semaine, augmenté à 100mg 2/jour la semaine suivante jusqu'à une dose maximale de 400mg/jour en 2 prises. L'administration se fait au moment ou en dehors des repas. Ne jamais arrêter brutalement le traitement. La posologie doit être ajustée en cas d'insuffisance rénale sévère. Vimpat® ne doit être utilisé chez la femme enceinte que si le bénéfice attendu justifie le risque potentiel encouru par le fœtus. Par mesure de précaution, l'allaitement est déconseillé.

Rufinamide (Inovelon®) Anticonvulsivant agissant en modulant l'activité des canaux sodiques, prolongeant leur état inactif

Médicament orphelin indiqué comme traitement adjuvant des crises d’épilepsie associées au SLG (syndrome de Lennox-Gastaut: encéphalopathie épileptique sévère de l’enfant) chez les patients âgés de 4 ans et plus. Il est disponible sous trois dosages. Sa titration et ses doses sont fonction de l’âge et du poids du patient.

Posologie: deux prises par jour, au cours du repas avec de l'eau en 2 doses égales. En cas de difficulté à avaler, il est possible d'écraser les comprimés.

Contre-indications: Hypersensibilité à la substance active, aux dérivés triazolés ou à l'un des excipients.

Interactions médicamenteuses: avec les autres antiépileptiques (il est parfois nécessaire d'adapter les posologies en cas d'associations à d'autres antiépileptiques, avec les contraceptifs oraux (il est conseillé d'utiliser un autre moyen de contraception. Une prudence s'impose en cas d'association aux médicaments métabolisés par le cytochrome CYP3A4 ou par d'autres enzymes hépatiques, en cas d'association aux molécules transportées via la glycoprotéine P et avec les médicaments à marge thérapeutique étroite comme la warfarine ou la digoxine.

Effets secondaires: somnolence, céphalées, vertiges, nausées, vomissements, fatigue, infections, baisse de l'appétit, anxiété, insomnie, état de mal épileptique, raccourcissement de l'onde QT... Pour éviter un effet rebond de ces effets secondaires, le traitement doit être arrêté progressivement en réduisant la dose de 25% tous les 2 jours.

Dernière molécules découvertes dans le traitement de l'épilepsie L’eslicarbazépine (Zebinix®) cible les mêmes canaux sodiques que la carbamazépine (Tégrétol®) et que l’oxcarbazépine (Trileptal®), toutefois son affinité pour les récepteurs est légèrement différente, et elle aurait moins d’effets indésirables. Toutefois, il est inducteur enzymatique, il faut donc être attentif aux interactions médicamenteuses, en particulier avec la contraception orale

Le midazolam (Buccolam®) Cet anticonvulsivant de la classe des benzodiazépines est indiqué dans le traitement des convulsions aigues et prolongées des enfants épileptiques âgés de 3 mois à 18 ans. Il s’agit d’une nouvelle forme galénique, une solution buccale administrée dans l’espace entre gencive et joue. Son effet, rapide et de courte durée, permet la disparition des signes visibles de convulsions dans les 10 minutes suivant l’administration.

La retigabine
(Trobalt®) inaugure une nouvelle classe d’antiépileptiques. Elle agit par ouverture des canaux potassiques neuronaux entrainant une stabilisation du potentiel de repos de la membrane et un contrôle de l’excitabilité électrique infraliminaire dans les neurones, prévenant ainsi le déclenchement d’éventuels potentiels d’action épileptiformes. Trobalt est indiqué en association dans le traitement des crises d’épilepsie partielles avec ou sans généralisation secondaire chez les patients adultes, dès 18 ans

Avant de prendre ce traitement, consultez notre fiche conseil : Médicaments, horaires alimentation

 

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Conseils sur le traitement antiépileptique

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Observance
  • Suivre scrupuleusement les posologies prescrites afin de limiter les récidives
  • Contacter votre médecin en cas d'apparition d'effets indésirables (éruption, rash cutané, prurit)... ou autre symptôme inhabituel: nausées, vomissements, hypertrophie gingivale, douleur thoracique, dyspnée, crachat sanglant (signe d'embolie pulmonaire)
  • Eviter toute automédication, notamment les AINS et salicylés qui augmentent la fraction libre de phénytoïne
  • Ne jamais interrompre brutalement votre traitement sans avis médical; le risque est vital: apparition de crises ou d'états de mal.
  • Portez sur vous une carte mentionnant votre épilepsie, vos traitements et les coordonnées de votre médecin traitant à joindre en cas d'urgence.
Interactions médicamenteuses
  • Inducteurs enzymatiques: Phénobarbital, phénytoïne, carbamazépine, primidone, oxcarbazépine, topiramate. Risque notamment de diminution de l'efficacité des contraceptifs oraux.
  • Inhibiteurs enzymatiques (Valproate de sodium): son association à la lamotrigine est déconseillée au risque de majorer les effets indésirables cutanés de la lamotrigine.
  • Attention au millepertuis dont l'association est contre-indiquée avec de nombreuses molécules antiépileptiques (baisse de l'activité de l'antiépileptique): valproate, phénobarbital, phénytoïne, éthosuccimide, lamotrigine, carbamazépine.
  • Jus de pamplemousse: le jus de pamplemousse est un inhibiteur enzymatique et peut augmenter la concentration de carbamazépine (risque de surdosage).
  • Autre: la méfloquine (Lariam®) diminue le seuil épileptogène: son administration en prophylaxie du paludisme est contre-indiquée chez les sujets présentant des antécédents de convulsion.
  • Molécules sans interactions médicamenteuses: lévitracétam, prégabaline, zonisamide, vigabatrine, gabapentine.
Identifier les effets secondaires des antiépileptiques Certains antiépileptiques ont parfois des effets indésirables sévères, nécessitant de consulter rapidement en cas d'apparition pour une éventuelle adaptation du traitement.

Certains antiépileptiques ont une toxicité au niveau du foie. C'est le cas de la carbamazépine, du valproate et du topiramate. Outre l'élévation des transaminases observée sur une prise de sang, cette toxicité hépatique se manifeste par une fatigue, une perte d'appétit, des vomissements répétés et des douleurs abdominales...

Certains antiépileptiques agissent sur le poids. Une prise de poids est souvent observée avec le valproate de sodium, perte de poids avec le zonisamide (Zonegran®), nécessitant parfois l'administration de compléments nutritionels oraux (CNO).

La plupart des antiépileptiques peuvent avoir une toxicité sur les cellules du sang et entrainer des anomalies de la numération formule sanguine. Cette toxicité s'accompagne de frissons, de fièvre, de fatigue

La plupart des antiépileptiques peuvent entrainer des troubles cutanés. C'est pourquoi, il est conseillé d'instaurer le traitement à dose progressive
 
 

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Épilepsie et grossesse © Elena Yakusheva | Dreamstime.com

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L'influence de la grossesse sur l'épilepsie est difficile à prévoir.
  • Elle peut, chez environ 35% des femmes augmenter la fréquence des crises du fait des modifications hormonales et métaboliques, des troubles du sommeil, une mauvaise observance du traitement, de modifications de la cinétique des antiépileptiques (diminution des taux sériques par les vomissements, la prise d'autres médicaments comme les antiacides, les folates...), la modification du volume intracellulaire
  • Chez 55% des patientes, la fréquence des crises demeure inchangée
  • Chez 10% d'entre elles, elle est diminuée.

*Le traitement "classique" antiépileptique (antiépileptiques anciens) expose à un risque élevé de malformations congénitales ou risque d'asphyxie chez le fœtus (multiplié par 2 ou 3 par rapport à la population générale) surtout lors de la prise d'antiépileptiques au cours du premier trimestre de la grossesse mais le risque reste globalement faible.

  • 4 antiépileptiques sont à éviter lors de la grossesse: Valproate, carbamazépine, phénytoïne et phénobarbital. Ces molécules franchissent la barrière placentaire et entrainent clairement une augmentation du risque de malformation. Si l'acide valproïque est néanmoins maintenu, il est souhaitable de définir et de privilégier la dose journalière minimale efficace et d'instaurer une supplémentation en acide folique (5mg/jour) un mois avant la conception et au cours des deux mois suivants pour limiter la survenue de malformations fœtales du type spina bifida.
  • Les nouvelles molécules semblent exposer à un risque nettement plus faible. En monothérapie, la lamotrigine ne parait pas induire plus de malformations que l'incidence observée dans la population générale, mais on manque encore de recul pour recommander une molécule plutôt qu'une autre. Quelle que soit la molécule retenue, la monothérapie reste préférable.
  • Toutefois, il est préférable de planifier votre grossesse afin de changer de traitement et d'être stabilisé avant la conception car les crises épileptiques sont aussi néfastes pour la grossesse. Une monothérapie doit être préférée car le risque de malformations est majoré en cas de poly thérapie anti-épileptique. Utiliser la dose minimale qui protège contre les crises généralisées. Préférer les formes à libération prolongée. Les femmes sous valproate sont invitées à planifier leur grossesse au moins 6 mois avant la conception de leur enfant afin que leur traitement soit modifié à temps.
  • Le contrôle régulier au long de la grossesse du taux sanguin d'antiépileptique est préconisé car il baisse pendant cette période.
  • La supplémentation en acide folique dans le but de réduire le risque de tératogénicité est aussi validé par les experts

* American Academy of Neurology et American Epilepsy Society

 
 

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Épilepsie et allaitement

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Même si la Lamotrigine est recommandée pendant la grossesse, elle est contre indiquée en cas d'allaitement. La prise des anticonvulsivants est déconseillée pendant l'allaitement.

En cas d'épilepsie, il est préférable d'avoir recours aux laits artificiels.

 

 
 

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Épilepsie et phytothérapie

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Même si les plantes sont assimilées à la médecine douce, si vous êtes épileptique, la phytothérapie peut s'avérer être dangereuse pour vous dans certaines situations. Demandez toujours l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant de vous traiter par phytothérapie

Plantes déconseillées en cas d'épilepsie ou de traitement antiépileptique

Plantes à dérivés terpéniques Romarin, thym, pin, cyprès, lavande... Ces plantes abaissent le seuil épileptogène et sont contre indiquées en cas d'antécédent d'épilepsie.
Millepertuis Interactions médicamenteuses: liées à l'effet inducteur enzymatique de cette plante sur le cytochrome P450. Association contre indiquées avec les anticonvulsivants

Avant de prendre de la phytothérapie, consulter attentivement notre fiche conseil : Phytothérapie

 

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Surveiller les signes suivants

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© Tibor Varga | Dreamstime.com
  • Appeler un médecin si la crise dure longtemps, si plusieurs crises se succèdent ou s'il s'agit d'une première crise
  • Si vous êtes une femme épileptique et que vous désirez être enceinte; il faut consulter afin de modifier votre traitement.
  • En cas d'apparition d'effets indésirables sous traitement.

 

 

  • En cas de fièvre sous carbamazépine: faire réaliser d'urgence un hémogramme (risque de leucopénie ou d'agranulocytose)
  • En cas de saignements ou d'ecchymoses sous Valproate (risque de thrombocytopénie)
  • En cas d'apparition de douleurs lombaires brutales sous topiramate ou zonisamide (risque de lithiases rénales)
  • En cas d'urticaire sous Lamictal (risque de syndrome de Stevens Johnson ou de Lyell)
  • En cas de troubles visuels de toute nature sous Vigabatrine, consulter un ophtalmologiste en urgence (risque de lésion irréversibles).
  • En cas de prise de poids sous traitement (nombreux antiépileptiques), parlez-en à votre neurologue afin qu'il vous propose un autre traitement
  • En cas de gencives douloureuses sous traitement par la Phénytoïne
  • En cas d'hyponatrémie: hypotension artérielle, céphalées, nausées et parfois vomissements, confusion mentale, somnolence amenant dans les cas sévères à des convulsions, coma parfois collapsus respiratoire.

Dans ces cas, une consultation médicale s'impose
 
 

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Voies de recherche sur l'épilepsie

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Le perampanel est le premier médicament antagoniste du récepteur AMPA du glutamate, non compétitif, hautement sélectif. En s’opposant au glutamate, acide aminé excitateur, il diminue l’excitation source de crise épileptique. Selon les essais de phase III, en association, il diminue significativement la fréquence des crises d’épilepsie.

Des molécules anti-inflammatoires sont en phase II et III de développement. Elles bloqueraient le phénomène inflammatoire induit par l'altération de la membrane neuronale observée dans l’épilepsie.
Une voie futuriste est également explorée, sous forme de réservoirs de médicaments directement implantés dans le cerveau permettant une délivrance du principe actif dans la zone qui déclenche les crises
 
 

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Index juridique

Déclaration d'intérêts: L'auteur déclare ne pas avoir de conflits d'intérêts en relation avec cet article.

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